Analyse sur la journée mondiale de la lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF).
Chaque année tout les 06 février, la communauté internationale célèbre la journée mondiale de la lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF) . Un fléau qui d'ailleurs touche presque tous les États entiers en particulier le Bénin.
Au Bénin dans des villages, 85,3 % des femmes âgées de 15 à 49 ans subissent des MGF et ont été excisées avant l'âge de 15 ans. Malgré les instruments juridiques internationaux ratifiés par le Bénin sans oublier le cadre juridique national : celui de son droit interne, nous observons toujours les mutilations génitales féminines sous plusieurs formes.
Que nous dit le cadre juridique national ?
Tout d'abord, dans le cadre juridique béninois, la législation nationale a travers la loi numéro 2003-03 portant répression de la pratique des mutilations génitales féminines en République du Bénin, promulguée le 3 mars 2003 en son article 2 interdit les MGF sur toutes ses formes. Par contre l'article 3 définit la MGF comme << toute ablation partielle ou totale des organes génitaux externes des personnes de sexe féminine et/ou de toutes autres opérations concernant ces organes>> . Mais les sanctions des infractions pénales sont énumérées dans les articles 4,5,6,7,8 et 9 .
Il faut retenir que la loi principale numéro 2003-03 portant répression de la pratique des mutilations génitales féminines en République du Bénin incrimine la perpétration de MGF, de l'instigation, la préparation et l'assistance à un acte de MGF, le non signalement d'incident lié à des MGF, la participation des professionnels de santé à un acte de MGF.
Cette loi principale donne naissance à plusieurs lois à savoir la loi numéro 2011-26 portant prévention et répression des violences faites aux femmes ( janvier 2012) qui a une application plus large et définit en son article 2 << tous actes de violences dirigés contre le sexe féminin et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques >> . Nous avons aussi la loi numéro 2015-08 portant code de l'enfant en République du Bénin en sa section IX , articles 185 et 188 qui font explicitement référence aux MGF pratiquées sur les enfants. Elle interdit toutes les formes de mutilations génitales sexuelles sur les enfants dans son article 185 et le dénonce en son article 187 << Toute personne, qui a connaissance de cas de mutilation sexuelle d'un enfant, en informe immédiatement le procureur de la République ou l'officier de police judiciaire le plus proche aux fins de droit >> .
Certes nous avons des lois qui encadrent l'interdiction des MGF . Est-ce qu'elles sont appliquées effectivement sur le terrain ?
La réponse est négative d'autant plus que nous observons toujours ce même fléau qui persiste.
Dès fois, la portée de l'application des peines relatives aux MGF par la législation béninoise n'est pas véritablement connue, manque d'information ou de vulgarisation des dispositions légales. Ainsi les autorités gouvernementales n'établissent pas clairement un plan d'action de la mise en œuvre de l'interdiction de la pratique des mutilations génitales et nous voyons souvent rien que des Organisations Non Gouvernementales ( ONG) et associations qui soutiennent leurs efforts pour mettre fin à cette pratique par des campagnes digitales et de sensibilisation à l'endroit de la société civile.
Il faudrait que le gouvernement met une autre stratégie en place pour mettre un terme aux MGF plus précisément << l'État protège la famille et particulièrement la mère et l'enfant>> Cela montre que l'État détient une responsabilité.
Aussi nous devons dénoncer toutes sortes de mutilations génitales ( excision, etc...) aux autorités gouvernementales ( police républicaine, tribunal ,etc...)
Toutefois, nous devons renforcer les campagnes de sensibilisation et de prise de conscience des effets néfastes du fléau.
Non aux MGF !
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