Les enfants en conflit avec la loi : État des lieux.

 Partons de l'idée selon laquelle la prison est un lieu pour éviter la récidive de criminels : le constat fait après des années de vie en milieu carcéral par ces << fautifs >> en dit pourtant le contraire. 

Si mettre les enfants en prison est un moyen pour leur inculquer les bonnes habitudes, le jeu serait déjà gagné depuis des années. Mais l'évidence reste la même ; plus ils y vivent, plus leur instinct criminel se développe. 

La loi certes n'a pas tort de déposer les mineurs coupables d'infractions extrêmes. Mais après que le mineur est déposé en prison, quel est son sort ?

On ne peut pas faire les mêmes choses et espérer un meilleur résultat.

Au Bénin, ils sont nombreux les enfants mineurs âgés de 12 à 17 ans à se retrouver derrière les barreaux pour diverses raisons. 

Selon des sources plus proches de l'Agence pénitentiaire, les infractions commises par eux sont le viol, la tentative de viol, le plus récurrent l'escroquerie et l'abus de confiance en complicité avec les adultes. 

Mais tous ces mineurs ne sont pas en prison parce qu'ils ont commis une infraction pénale. Il importe de distinguer les enfants qui ont commis une infraction et les enfants nés en prison dû à la condamnation de leurs parents. 

La loi 2015-08 portant code de l'enfant en République du Bénin stipule en son article 169 qu'un enfant en situation difficile doit bénéficier de mesures spéciales de protection. 

Mettre un mineur en prison pour infraction, c'est lui donner d'avantage un cadre propice où il apprend à être un criminel accompli. 

Les conditions dans lesquelles vivent les enfants ne sont pas très adéquates . Ils souffrent souvent de diverses maladies de la peau du faite des conditions d'hébergement et de vie. Dès fois, des mineurs qui se retrouvent souvent en conflit avec la loi sont des âmes innocentes qui commettent parfois des actes dont la gravité dépasse l'entendement humain. Cela ne relève pas de leur volonté. 

Il urge de constater aussi que les adultes sollicitent l'aide des enfants mineurs afin de commettre leurs actes criminels de banditisme. 

Le temps que ces garçons passent en prison, c'est souvent un temps de renforcement de leur capacité de nuisance. Un temps pour apprendre à commettre d'autres forfaits plus graves. Après leur sortie, c'est eux qui apprennent le banditisme aux autres au dehors. 

La dépravation des mœurs fait partie de l'éducation carcérale reçue par un mineur . La cohabitation des détenus mineurs avec les adultes criminels compliquent alors la tâche. Car c'est eux qui leur inculquent des comportements criminels à adopter dans la société et en retour l'enfant mineur aura tendance à accélérer l'ancrage dans la délinquance , fragiliser les liens familiaux et se socialiser dans un milieu criminogène. 

L'idée reçue selon laquelle l'incarcération permettrait de remettre un enfant mineur dans<< le droit chemin >> est en effet loin de la réalité. 

Rien ne vaut la liberté pour un adulte et encore pour un enfant. L'enfant n'a pas sa place en prison. Ce dernier n'est pas un lieu d'éducation propice à l'enfant. 

En sortant de la prison, on constate que l'enfant n'est plus apte à réguler ses émotions. Alors il va falloir envisager de mettre en œuvre des actions concrètes afin de leur venir en aide et surtout les accompagner jusqu'à leur réinsertion dans la société : les envoyer en apprentissage ou dans des centres d'éducation. C'est la raison pour laquelle l'administration ( agence pénitentiaire) instituée par le décret 2017-572 du 13 décembre 2017 veille à la réinsertion sociale et professionnelle de ces détenus condamnées. 

Commentaires

  1. L'éducation est à la base de tout. Si nous voulons réduire l'apparition des enfants devant les barreaux, nous devons travailler les lois sur l'éducation et la famille en générale.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

LES PRÉALABLES DE LA PROTECTION INTERNATIONALE

Les actions du HCR sur le terrain.

ÊTRE RÉFUGIÉ N'EST PAS UN CRIME !